Disneyland Paris : la stratégie au-delà des attractions

The Walt Disney Company investit-elle vraiment « trop peu » dans une destination française « méprisée » ? Le resort parisien est-il aussi « délaissé » qu’on peut le lire sur les réseaux et groupes de fans ? Derrière les attractions, et de façon générale, derrière la face visible du géant américain en France, se cache pourtant une stratégie finalement plus rationnelle qu’il n’y paraît…

Crevons l’abcès tout de suite : je me considère parkfan/Disneyfan. Voilà, c’est dit.

Quand on suit l’actualité de Disneyland Paris, il est parfois difficile de ne pas réagir en premier lieu avec ses envies et son coeur de fan. On trouverait « logique » d’intégrer telle ou telle grande attraction, on trouve « scandaleux » de ne pas voire arriver celle qui fait briller nos yeux, on s’insurge quand les investissements nous apparaissent « insuffisants et trop lents ».

Et pourtant, j’aime à croire que derrière toute décision se cachent une stratégie, des contraintes, des craintes parfois, et des prises de risque, qui dépassent complètement notre vision de visiteur ou de fan.

C’est pourtant le but de cet article. Ce n’est ni un plaidoyer pour Disneyland Paris, ni le billet d’un détracteur. Il n’est d’ailleurs surtout pas basé sur des rumeurs, ou sur des « fuites » quelconques : je crois que l’on peut être fan, aimer quelque chose, tout en gardant sa capacité à prendre du recul et un regard critique. « Aimer » ne veut pas dire « cautionner », mais se traduit chez moi plutôt par la volonté de « chercher à garder la capacité d’analyse pour trouver une forme de légitimité rationnelle » aux faits avec lesquels je peux être en désaccord. On peut ne pas être satisfait d’une direction prise par une entreprise, mais admettre tout de même qu’elle a du sens dans sa stratégie.

Je ne suis pas un spécialiste, je n’ai pas la science infuse et n’estime pas « mieux savoir » que n’importe qui, encore moins que les personnes dont c’est le métier. J’aime simplement confronter et remettre en question mes ressentis avec des éléments factuels pour les documenter, les décortiquer, les analyser, puis en tirer des hypothèses et aller vers des interprétations plausibles, plus personnelles. C’est le chemin que je vous propose de prendre ensemble, pour chercher à comprendre ce qui se passe en coulisses.

Alors derrière les attractions, quelle stratégie peut-on déduire des investissements que Disney réalise en France ?

Aujourd’hui, The Walt Disney Company (TWDC) n’a aucun intérêt à investir plus qu’ils le font en France. 

Ni au Parc Disneyland (PDL) ni à Disney Adventure World (DAW), et encore moins sur un 3e parc.

C’est sans doute un peu brutal dit comme ça, en ouverture de propos… Mais les investissements sont très progressifs car depuis la reprise du contrôle par la maison mère, elle semble vouloir être rassurée sur la stabilité du marché en France. Et force est d’admettre que Natacha RAFALSKI a parfaitement rempli sa feuille de route de ce côté là. Toujours est-il qu’investir plus serait prendre un risque financier si ça ne marche pas. Le passé de Disneyland Paris (DLP) lui colle toujours aux fesses, et plus globalement celui des parcs à thème en France depuis plus de 30 ans. On se souvient que le Parc Astérix a mis quelques temps avant de stabiliser son modèle économique, que Mirapolis a eu le destin qu’on lui connaît, et que le Futuroscope a traversé une très grande instabilité jusque dans les années 2000. Alors tout cela tend à évoluer depuis une dizaine d’années avec le renouvellement de l’offre du Parc Astérix qui monte en gamme, le changement de paradigme réussi du Futuroscope, et l’ambition montante de parcs plus petits comme Walibi. Mais cela témoigne tout de même d’une évolution de la culture française des « parcs » assez récente malgré tout, et toujours relativement fragile pour (r)assurer de gros investissements « à l’aveugle ». Pas (encore) de quoi faire oublier le passé. Ayons également en tête que prendre ce risque serait (aussi) au passage, fragiliser la poule aux œufs d’or montante pour l’Est du globe qu’est DLP pour TWDC depuis l’ère COVID.

Disney ne prendra certainement aucun risque sur un resort qui commence seulement à avoir les reins plus solides. 

TWDC a les moyens d’investir, évidemment. Ce n’est pas une question de moyens, de volonté, encore moins de « délaisser le resort parisien », ni de possibilités : tout est une question de mesure du risque d’investissement. Et la perception de ce fameux risque n’est évidemment pas aussi rationnelle, qu’on se place en tant que fan ou comme investisseur/stratège.

Chat échaudé craint l’eau froide : pour ne surtout pas compromettre l’amélioration de la santé financière d’un resort qui a (jusque là) toujours été compliqué et instable, TWDC semble rester très prudente et avance à pas de velours. Alors chaque chose en son temps. 

  • Pour DAW, après le coup de boost « turbo-chargé » indispensable pour en faire un parc complet (ou aux 3/4) et non plus un « demi-parc », avec Avengers Campus, Frozen, Up et Lion King, la stratégie semble être : 1 projet, on construit, on attend que ça ouvre, on voit si ça marche. Si tout est OK, on passe au suivant. On ne lance rien tant qu’on n’est pas sûr des retombées du projet précédent. 
  • Pour le PDL, les besoins vont être conséquents rien qu’avec les grosses réhabilitations qui sont inévitables (notamment les coasters). Alors on va nous mettre un emballage cadeau sympa avec des effets, une nouvelle théma, des saisons, des parades ou de nouveaux shows pour les anniversaires : des choses qui ne coûtent « relativement » pas trop cher et qui marchent à coup sûr avec l’excellente division Spectacles de Disneyland Paris. Mais je pense qu’il ne faut pas s’attendre à plus…

Et ça risque de monopoliser, avec le développement progressif de DAW et la refonte (remise au niveau/au goût du jour) pluriannuelle du Disney Village, les investissements pour Paris. Parce que mine de rien, ça fait quand même « beaucoup » d’investissements en parallèle, pour un resort « financièrement risqué ». Et on ne pensera à la suite qu’une fois que ce sera stabilisé.

Les parcs qui reçoivent des investissements massifs de TWDC aujourd’hui sont dans des resorts éprouvés, solides, stratégiques, et pour certains marchés, où la concurrence est rude (on en reparle juste après). Donc je doute malheureusement qu’on ait du concret sur un 3e parc tant que DAW n’est pas viable (histoire de ne pas reproduire l’épisode WDS lancés à la hâte et au rabais), ainsi que pour une extension conséquente au PDL.

Je ne dis pas que « ça n’arrivera pas », je ne dis pas que « Disney ne veut pas », que « Disney délaisse DLP ». Je dis juste qu’il manque sans doute encore aujourd’hui, des garanties financières suffisantes à TWDC pour justifier des investissements massifs et la prise de risque que cela engendre sur un marché européen qu’elle maîtrise finalement assez mal.

Toutefois, si quelque chose arrive d’important pour le parc historique, ce ne sera finalement que le signe de la confiance de la maison mère pour les perspectives du resort parisien. Et finalement, le témoin du succès du redressement de la barre opéré par la précédente présidence de DLP.

Ce qui, en revanche, me semble plus probable en premier lieu, au vu de la montée progressive en capacité du resort, et du cycle de réhabilitation de son parc hôtelier (avec quasiment toujours 1 hôtel fermé en totalité ou en partie), c’est la nécessité à moyen terme d’en augmenter la capacité. DLP peut évidemment toujours compter sur ses hôtels partenaires, mais ils ne proposent pas « l’expérience Disney » complète. Alors si les hausses de fréquentation liées à Disney Adventure World se confirment, on peut imaginer que DLP voudra être en capacité de proposer ses séjours expérience au plus grand nombre. C’est alors certainement plutôt de ce côté là que TWDC devra commencer par investir. 

Qu’est ce qui pourrait changer tout ça et « forcer » Disney à investir plus massivement ? 

Aujourd’hui, TWDC a deux atouts à Disneyland Paris : Disney et…Paris. Il suffit de mettre ces deux éléments en avant pour que la fréquentation soit bonne. Le positionnement (tant en matière d’offre, qu’au niveau géographique du resort) se suffit à lui-même.

La stratégie de régulation de la fréquentation post-COVID a aussi été fondamentale, en permettant de lisser et remplir presque artificiellement (ou du moins sous la contrainte) les parcs en saison creuse. Mais ce qui pourrait vraiment changer tout ça, ce serait que quelque chose (ou quelqu’un) compromette la place de leader de DLP en France. C’est bête à dire, mais aussi quali soient les dernières ouvertures du Parc Astérix ou du Futuroscope, Disney n’a aucun rival de sa stature en France. Et c’est confortable. EuropaPark ne déçoit évidemment pas, ses dernières réalisations sont des petits bijoux (Rulantica, Voltron), et ce resort constitue le meilleur « concurrent » dans l’offre proposée, à DLP. Mais l’implantation géographique n’en fait sans doute pas un rival direct de Disneyland Paris : DLP s’inscrit parfaitement dans une logique de séjour à Paris pour des touristes du monde entier, là où EuropaPark nécessite un déplacement spécifique à la frontière franco-allemande, sans avoir grand chose à visiter autour (sans vouloir heurter nos amis alsaciens et germaniques).

Dit autrement : sur le secteur de DLP (parc grand public, attractions pour tous, un peu de sensations mais pas trop, univers très marqués, immersifs, variés), il n’existe aujourd’hui aucune alternative qu’un visiteur pourrait intégrer à un voyage dans une métropole française. Parc Astérix garde un positionnement très « franco-français », EuropaPark est loin, tout comme le sont en Europe, Efteling et Phantasialand (pourtant LA référence en matière d’immersion et storytelling, le tout sans avoir à utiliser de licences). Futuroscope monte doucement, avec visiblement l’envie d’en faire un petit « EuropaPark » très (TRÈS) édulcoré (arrivée de sensations plus fortes, de coasters, de technologies innovantes Mack Rides, d’un parc aquatique, d’hôtels thématisés…). Du côté de l’Espagne, Port Aventura à Barcelone et Parque Warner à Madrid ne sont vraiment pas comparables en termes de fréquentation ni de caractère « immersif ».

Ce qu’il faudrait, c’est un concurrent qui arrive, non pas simplement pour « piquer » des visiteurs à DLP, mais pour fragiliser sa position de leader sur son secteur. Si quelqu’un arrive avec des univers immersifs, des attractions au potentiel d’innovation important, avec du jamais vu, LÀ, Disney pourrait être piqué au vif et poussé à investir, à faire de DLP une de ses vitrines (comme ça a pu l’être avec Space Mountain). C’est la direction que prend le Futuroscope avec Chasseurs de Tornades et Mission Bermudes, mais force est d’admettre que nous ne parlons tout de même pas de la même envergure…

TWDC n’a donc (à mon sens) aucune nécessité « stratégique » ou « vitale » à réaliser pour le moment, de nouveaux investissements massifs sur son resort parisien. C’est triste, c’est « se reposer sur ses lauriers » pour les fans si on veut, mais c’est un constat. DLP tourne « bien » actuellement avec son offre en l’état.

Alors on attend Universal United Kingdom ?…

Moui. Il y a quelques temps, j’aurais été tenté de répondre un « oui » franc et sans aucune hésitation. Sauf que le Brexit est passé par là entre temps et que cela peut constituer un frein aux déplacements. Pas une barrière insurmontable évidemment, juste un frein.

Reste que c’est l’option la plus sérieuse : Universal UK bénéficie (comme DLP en France) des atouts « Universal » et « Londres » (bien qu’en en étant situé à 80km). Donc le schéma parisien semble se dupliquer un peu au Royaume-Uni, ce qui en fait une destination relativement intelligente et facile à intégrer dans un voyage à Londres. Mais il reste une possibilité pour que ce resort soit finalement plus propice au secteur des parcs à thème, et « augmente la taille du gâteau », plutôt qu’il vienne phagocyter DLP. Car le Brexit, s’il joue le rôle d’un petit imperméabilisant aux frontières du Royaume-Uni, est valable dans les deux sens : pour y entrer, mais aussi pour en sortir (sans constituer pour autant un frein majeur au tourisme entre Royaume-Uni et Union Européenne). Donc si DLP se tourne finalement plus vers le marché européen, Universal UK pourrait finalement tout à fait être une orientation plus « locale » ou s’insérer dans des voyages de visiteurs venant du reste du monde. Le public européen pourrait toujours aussi facilement se déplacer vers DLP, et plus occasionnellement vers Universal UK. A l’inverse, le public anglais pourrait privilégier un parc plus local, facile d’accès, et venir plus ponctuellement à DLP. Tout cela dépendra évidemment de la stratégie commerciale d’Universal sur son produit UK, qu’il est encore beaucoup trop tôt pour étudier. On se doit donc de garder une certaine réserve.

Mais ce qui est sûr, c’est que l’implantation d’Universal au Royaume-Uni est bien moins « menaçante » pour DLP que si elle s’était faite en France, ou que si le Brexit n’avait évidemment pas eu lieu.

…ou on boycotte Disneyland Paris ?

C’est quelque chose que l’on peut lire très souvent de la part de fans : « DLP délaisse son parc principal », « Disney n’investit pas en France », « je ne renouvellerai donc pas mon pass annuel ». C’est un choix. On peut légitimement, en effet, s’offusquer de la hausse des prix et l’utiliser comme motif pour ne plus fréquenter le resort parisien. 

Mais :

  • Depuis la sortie de l’ère COVID, on voit régulièrement les parcs parisiens affichés comme « complets ». Alors attention. Cela ne veut évidemment pas dire que les parcs ont atteint le maximum de leur capacité technique d’accueil. DLP semble avoir conservé une jauge commerciale volontairement limitée (vraisemblablement de « confort » pour faciliter la gestion des flux, ou par capacité/limitation opérationnelle). Cette jauge est un outil assez intéressant pour DLP car elle permet de réguler la fréquentation et de lisser (de force) les visites sur des périodes habituellement plus creuses, avec une bonne dose de tarification dynamique par-dessus. Cette jauge peut également être un moyen d’adapter la capacité opérationnelle du parc au « staff » disponible, donc de faire quelques économies sur la masse salariale (stands « food » fermés, attractions en exploitation limitée…). Toujours est-il que les parcs ne seraient pas « complets » si la demande n’était pas encore importante. Quelques visites annulées chaque jour pour « boycott » seraient quoi qu’il arrive, rapidement compensées, et très transparentes pour DLP.
  • Les fans ne sont pas une cible « conséquente » pour DLP (du moins ce ne sont pas des clients à forte valeur pécuniaire). Ce ne sont pas quelques milliers de Pass Annuels qui changent la donne pour DLP. C’est triste dit comme ça, c’est sans doute un peu « froid », mais c’est la réalité. Un fan peut venir régulièrement, il ne consommera pas forcément plus, et ne rapportera donc pas nécessairement plus à DLP.

Je m’explique :

On a beau payer son pass 800€, manger au restaurant à chaque visite, consommer en boutique, en venant à peu près 1 fois par mois, l’entrée revient à peu près à 66€. Si on vient en voiture, pas de parking payant (économie de 360€ sur l’année). A raison de 2 repas par journée, un fast-food le midi à 30€ et un service à table le soir à 100€ (avec les personnages Disney, par exemple), avec la remise de 15% (soit un total de 110,50€), avec une dépense moyenne en boutique de 50€ (soit un budget annuel en merchandising de 600€) à laquelle on retire la remise de 15% (soit 510€/an ou 42,50€/visite), les photos aux attractions incluses avec le Disney PhotoPass, ça vous fait une dépense moyenne par visite de 220€.

Comparez cela à un visiteur qui ne vient qu’une fois tous les 5 ans, tous les 10 ans, voire qu’une seule fois dans sa vie. Et même s’il vient 1 fois par an ! Comptez un billet d’entrée à un tarif moyen de 120€ (la moyenne réelle entre août 2026 et avril 2027 est à 114,37€, donc sans l’approche de la période estivale et le début des vacances d’été, d’où une légère majoration de la moyenne calculée). Comptez par-dessus un parking, 30€. Prenons la même base pour la restauration, mais sans la remise du pass annuel, donc 130€. Ajoutons un peu plus de dépense en boutique, disons 80€ en moyenne (et c’est sans doute peu !). Ajoutons à cela une ou deux photos d’attractions, à 15€ pièce. On arrive rapidement à un total pour 1 journée dans les 2 parcs, de 390€. Et cela, sans même parler de nuit d’hôtel pour un séjour, sans extras, sans coupes-files « Disney PremierAccess », et pour 1 personne.

Alors certes, la somme totale dépensée par le visiteur sera bien plus importante pour un membre pass annuel que pour un visiteur classique. Car finalement, en gardant les mêmes hypothèses, et sur l’année complète, cela peut revenir en moyenne à plus de 2600€. Et c’est sans doute cette somme dépensée par le visiteur qui peut donner l’impression à un membre Disneyland Pass de « consommer » plus qu’un visiteur lambda. Oui, vous donnez plus d’argent à Disney sur l’année, mais ramené à la visite, vous restez (pardonnez-moi) financièrement moins intéressants que des visiteurs classiques. Donc tout cela est finalement très relatif. N’oublions pas que même aux tarifs actuels, les Disneyland Pass restent très rentables pour un fan qui viendrait plusieurs fois par an.

Tout cela pour dire qu’un « boycott » de DLP par une partie de ses fans (notamment) n’aurait pas forcément l’impact que l’on peut « imaginer » en le disant. Tout simplement car DLP n’a pas (plus !) besoin de se rendre « attractif ». Pas besoin d’attirer des visiteurs pour remplir les parcs. Disney se vend comme une marque « haut de gamme » qui ne se brade pas. Dès lors que la demande dépasse l’offre, c’est justement là que le côté « premium » s’exprime : pas nécessairement par sa qualité extra-ordinaire, mais surtout car, comme un produit de luxe, tout le monde n’y a pas accès. Si DLP se rend plus accessible, si la demande repasse en deça de l’offre, c’est la valeur faciale/expérientielle de Disney qui est dépréciée. DLP a tout intérêt à maintenir une certaine « tension » sur son image de marque, pour ne pas être accessible à trop de monde, et que ses Disneyland Pass restent des produits de luxe, pas tant par la qualité intrinsèque de l’expérience, mais par le prestige qu’elle véhicule. « Aller à Disneyland Paris », c’est d’autant mieux que tout le monde ne peut pas se le permettre.

Disney ne peut pas rendre ses parcs « rares », autrement qu’en en implantant qu’un nombre limité dans le monde. Disneyland Paris ne peut pas rendre ses parcs « rares » non plus, mais DLP peut proposer des produits qui rendent une certaine expérience rare. Si Disney n’est pas une « marque de luxe » littéralement au sens de l’industrie du luxe, elle en adopte en tous cas la logique et propose des produits basés sur la rareté d’une expérience ou d’un privilège. Quand cela ne tient plus, quand l’expérience n’est plus privilégiée ou que le privilège n’est plus rare (comme c’était le cas de la précédente gamme de Pass Annuels), alors le modèle ne tient plus.

Il faut alors : 

  • d’une part supprimer ce qui n’est plus tenable en opérationnel (pour supprimer le risque que cela se reproduise) : ça veut dire retirer des avantages (emplacement privilégiés spectacles/parades trop petits face au nombre de pass pouvant y prétendre) ;
  • d’autre part, rendre « mécaniquement » le produit moins accessible, plus rare : en vendre moins, et plus cher.

On se souvient des évolutions des programmes Pass Annuels, des « avantages » intenables quand les détenteurs sont trop nombreux (avantages qui, au passage, perdent tout leur sens si « tout le monde les a »)…

N’oublions pas non plus que si DLP ne peut pas considérer ses membres pass annuels comme ayant une forte valeur pécuniaire face à un visiteur « lambda », il n’est pas non plus souhaitable de se mettre ses fans à dos. Donc proposer/intégrer des avantages à des pass sans être en capacité de les proposer de façon opérationnelle, ne créerait que des mécontentements et une très mauvaise image pour DLP. Et c’est particulièrement sur un domaine de « l’image/l’influence » que les fans sont importants et visibles pour DLP. On se souvient du « scandale » lors de l’arrivée de la réservation obligatoire (et limitée) qui, avec l’ancienne logique de mise à disposition des places pour les Pass Annuels, ne permettait rigoureusement pas de tenir la possibilité de « visiter 365 jours/an » comme stipulé dans certaines mentions légales de vente.

« Avoir un Disneyland Pass » c’est un produit de luxe, comme un iPhone. 

« Oui mais fut un temps où DLP les offrait ! », « j’ai payé mon pass 50€ il y a 15 ans ! », oui. Mais beaucoup de choses ont changé depuis, et ces gammes tarifaires correspondaient tant à une époque sociétale, qu’à une stratégie adaptée de la part de DLP, parfois justement à des moments où il fallait « artificiellement » augmenter la fréquentation dans le cadre de certains projets. Or, ce n’est absolument plus un besoin aujourd’hui, le resort tourne plutôt bien comme ça.

Donc « boycotter DLP ? » si vous voulez, mais tous comptes faits, vous ne priveriez qu’une seule personne en faisant cela : vous-mêmes.

Alors, où en est-on vraiment aujourd’hui ?

Pour rapidement résumer ce qu’on a développé : DLP est dans une posture très confortable actuellement vis à vis de l’absence de concurrence directe sur son secteur très spécifique. L’offre en parcs à thèmes et d’attractions en France et en Europe venant plutôt « compléter » celle de Mickey. Sa santé financière se redresse doucement et trouve depuis quelques années, une place sérieuse dans l’escarcelle de TWDC. Entre temps, les montages financiers complexes et « intermédiaires » entre DLP et TWDC ont été simplifiés, pour ne pas dire « assainis ».

De façon très factuelle, oui, TWDC croit et mise sur DLP : refonte du Disney Village, métamorphose des WDS en DAW. On ne se contente pas de « maintenir » le resort, on le « réhabilite » pour être dans l’ère du temps après des dizaines d’années d’investissements très limités. Le resort parisien n’est pas délaissé, les investissements qui y sont faits sont simplement « mesurés » compte tenu de son historique financier, et d’une culture « parcs » européenne finalement assez récente. L’arrivée de nouveaux poids lourds comme Universal UK permettra très certainement d’assoir la position des parcs à thème dans les habitudes européennes, et de consolider le marché :

  • les années 1980 et le début des années 1990 ont vu plusieurs tentatives d’implantation de parcs en France échouer, et l’émergence difficile des premiers vrais parcs à thèmes ;
  • les années 1990 à 2000 ont vu le développement (souvent douloureux) du secteur, et l’intégration des parcs dans le mode de vie occidental, tout en apprenant à en construire le modèle ;
  • les années 2000 à 2020 ont vu une consolidation lente et difficile de ce qui fonctionne en France et en Europe de l’ouest. Le secteur ne commence vraiment à gagner en maturité que depuis quelques années ;
  • Depuis 2020, le modèle semble plus affirmé et stabilisé en rebond à la période COVID. Il est plus mature pour des investissements réguliers et importants.

Et dans cette temporalité, l’investissement de TWDC en France de 2 milliards d’euros annoncé en 2018, est finalement assez « précurseur » !

Tout comme il est fondamentalement incompatible avec ce que certains pourraient percevoir comme la « non volonté de Disney d’investir en France ». N’oublions pas que cet investissement a eu lieu 1 an (peu ou prou) après la reprise en main de DLP par TWDC (survenue en 2017 pour la reprise à 100%). C’était donc finalement assez rapide, et la maison mère semble avoir très rapidement mis en place cette stratégie en étudiant et mettant en exergue cette temporalité, après avoir fait sauter les derniers « verrous » à sa prise de contrôle directe.

Donc oui, TWDC croit en DLP, elle a même misé dessus presque immédiatement. Mais elle a besoin de garanties pour assurer ses investissement. Là, l’absence de concurrence sur le même secteur que DLP est un bel inconvénient pour la Souris : 

  • Pas de « challenge » de DLP sur son secteur précis,
  • TWDC ne dispose d’aucun indicateur en dehors de l’analyse de l’exploitation de son propre resort, pour baser ses prévisions financières. Là où aux USA et en Asie, Disney peut compter sur la présence d’Universal dans les mêmes endroits pour mesurer son impact et sa compétitivité, en France…c’est très différent. Et c’est finalement tout ce qui manque aussi pour justifier une quelconque « prise de risque ».

Et malgré cela, 2 milliards d’euros sont investis…

Mais 2 milliards pour…quoi ?

C’est aussi un argumentaire très (TRÈS) répandu chez les fans : « 2 milliards pour un clone d’attraction Frozen, pour des tasses Raiponce, un flume Roi Lion et un Avengers Campus au rabais avec une rethéma ratée de Rock’n’Roller Coaster ? ».

Autant dire que cette vision reste très, très, TRÈS…restreinte.

Car oui, même s’il est très compliqué de déterminer ce qui est couvert par « un investissement pluriannuel de 2 milliards » au-delà de la transformation du parc 2 en Disney Adventure World, avec les zones Avengers Campus, World Of Frozen, Adventure Way, Adventure Bay, World Première, World Première Plaza, Lion King, les spectacles et cavalcades, les attractions liées (au nombre de 7 tout de même !), on peut supposer que cet investissement serve aussi à d’autres projets auxquels on pense moins. Par exemple, les rénovations des hôtels lancées depuis (Disneyland Hotel, Disney Séquoia Lodge, Davy Crockett Ranch…) ou encore la refonte complète du Disney Village. Cela demeure une simple extrapolation plausible, tant il est difficile d’affirmer le périmètre couvert par cet investissement, par manque d’informations précises.

Pour ce qui est plus spécifiquement de Disney Adventure World, il faut remettre en perspective que tous les parcs Disney dans le monde, s’adressent à toute la famille. Aucun parc ne se distingue par une offre très spécifique : pas de parc « enfants », pas de parc « adultes », pas de parc « sensations fortes »… Chaque parc doit donc avoir une offre globale complète, avec des sensations fortes, des attractions familiales, des attractions aquatiques, des « flat-rides »… C’est dans cette logique que le développement de DAW se construit. Car ce qui fait la spécificité de chaque parc Disney, ce sont ses univers, les histoires dans lesquelles il nous transporte. Pas fondamentalement le type d’attractions qu’on y trouve. Il est donc totalement cohérent de trouver des attractions qui pourraient être vues comme des « doublons » si on combine DAW et le PDL. Mais ça n’a rien de nouveau, et ça existe partout ailleurs. Arrêtons donc de dénigrer les « simples tasses » Raiponce, la « copie » de Frozen Ever After, le « flume » Lion King, les « chaises volantes » Up… Il faut malgré tout passer par ces attractions là pour compléter l’offre de DAW et en faire, au final, un parc complet qui en propose pour tout le monde. Jusque là, entre Rock’n’Roller Coaster starring Aerosmith, The Twilight Zone – Tower of Terror, Crush’s Coaster, RC Racers, le parc Walt Disney Studios comportait (proportionnellement) beaucoup d’attractions à sensations. Il semble donc tout à fait logique et cohérent d’étoffer son offre avec d’autres attractions plus familiales.

Lors de l’annonce du plan d’investissement de 2018, on nous parlait également d’autres « attractions et spectacles ». On peut alors tout à fait imaginer que le développement des spectacles du PDL (Tales Of Magic…) soient également inclus à cet investissement. Il était d’ailleurs bien question lors de l’annonce en 2018 d’un « plan de développement pluriannuel d’envergure pour Disneyland Paris ». L’accent a (certes) surtout été mis dans la communication, sur la transformation des Walt Disney Studios (à l’époque), mais c’est bien l’ensemble du resort qui est concerné. On peut donc très logiquement intégrer aussi toutes les transformations d’envergure qui ont eu lieu, que les visiteurs ne voient pas forcément, et qui sortent du champ de vision des fans (qui voient principalement la traduction d’un investissement en nombre d’attractions).

Prenez une vue aérienne du resort et regardez le nombre de bâtiments qui sont sortis de terre dans les coulisses du parc. Ce sont ainsi de nombreux bungalows qui étaient utilisés comme bureaux, qui ont été remplacés par de vraies constructions pour accueillir les fonctions support, améliorer les infrastructures et les conditions de travail des milliers d’employés de Disneyland Paris. On peut alors penser aux constructions suivantes (liste non exhaustive) :

Sans parler des transformations des différents accès aux coulisses, des nouvelles zones de sécurité et de contrôle des sacs à l’entrée du resort, et j’en passe.

Alors non, ces 2 milliards ne sont pas QUE pour 3 attractions. Ce que voient les fans, ce sont principalement les attractions (et encore, uniquement celles qui sont « exclusives »). Comme si les attractions « importées » d’autres resorts ou co-dévelopées, comme si les infrastructures pour les accueillir, comme si tout ce qu’il y a autour, ne comptait pas.

Le fan associe un chiffre à ce qu’il voit par son prisme et son point de vue externe. Et il faut avouer que la position de Disneyland Paris n’aide pas toujours, puisqu’elle a volontairement toujours été dans cette culture de ne pas forcément dire les choses : on ne donne pas la ventilation de cette somme sur les différents projets, on ne parle pas des coulisses, on ne parle pas de l’envers du décor, on ne parle pas de ce qui n’est pas « magique ». 

Et le troisième parc dans tout ça ?

Là, on touche au GROS sujet qui titille beaucoup de parkfans et de Disneyfans : le troisième parc, que l’on entend aussi en anglais sous le nom de « Third gate ».

Pour cela, il faut revenir un peu en arrière. Une convention, signée en 1987 entre l’Etat français et Disney, organise les relations avec les collectivités locales dans le cadre de l’aménagement du territoire de Val d’Europe. La Convention donne à Disney des droits d’aménagement sur le foncier de la zone (donc au sein des parcs, mais pas que), principalement située à l’intérieur d’une route circulaire constituée des Boulevards du Grand Fossé et de l’Europe. C’est par exemple ainsi que Disney a mis sa patte dans l’architecture et le storytelling intégrés au Centre Commercial de Val d’Europe à sa construction (avant la vente en 2010 par Disney du terrain où il prend place). La Convention prévoit notamment les droits de Disney sur l’aménagement de certains terrains pour construire ses parcs. Trois zones sont réservées à cet usage : l’actuel emplacement du Parc Disneyland, celui de Disney Adventure World, et un troisième emplacement légèrement plus excentré, mais toujours situé dans l’emprise Disney : le terrain dit « de l’Erable ».

La Convention prévoit ainsi des délais « butoirs » pour la construction des terrains par Disney, qui ont été révisés à maintes reprises depuis la signature de la Convention. Mais c’est bien l’approche du délai maximal pour le parc 2 qui avait mené à la construction des Walt Disney Studios dans les années 2000.

Aujourd’hui, l’histoire est sur le point de se répéter, ou presque.

La Convention a de nouveau été revue pour repousser à plusieurs reprises l’échéance pour le terrain de l’Erable, utilisable par exemple pour un hypothétique parc 3.

Le neuvième et dernier avenant en date, de 2020, prévoit ainsi une date limite d’aménagement au 24 mars 2036.

Si à cette date, Disney ne formalise pas l’intégration à un « programme détaillé » de ce périmètre à une troisième phase de son développement (troisième « attraction » pour reprendre le terme utilisé), l’Etablissement Public d’Aménagement (EPA) pourra commencer à vendre les terrains non utilisés.

Il y a néanmoins une chose à savoir pour moduler cette échéance. Un ultime report peut être demandé jusqu’à ce que les deux parcs existants atteignent conjointement les 22 millions de visiteurs par an, dans la limite du 23 mars 2040.

Image « Parker Cat » sur Facebook

D’ici là, Disney utilise avec parcimonie une partie de ces terrains, notamment pour son poste électrique « THOR » conçu pour l’alimentation électrique du resort, sur un terrain de 1,65 ha. D’autres parcelles pourraient être aménagées, on évoque notamment une seconde centrale photovoltaïque pouvant couvrir près de 30 ha sur un terrain qui pouvait initialement accueillir un nouvel hôtel (sous réserve de fiabilité de la source).

Autrement dit, Disney n’a aucune obligation de construire un troisième parc sur le resort parisien. Simplement, si DLP décide avant fin mars 2036 (ou 2040 si report du délai) d’intégrer ces terrains au développement d’une nouvelle partie de sa destination, Disney bénéficie alors de l’accès prioritaire aux terrains selon les modalités de la Convention. Au-delà de cette date, Disney pourra, comme n’importe qui, se porter acquéreur desdits terrains, mais plus rien ne garantit sa primeur, ni son tarif.

Ce n’est donc pas parce que Disney n’engage pas un plan détaillé de développement d’un parc 3 en intégrant le site de l’Erable, que ça ne se fera jamais. Simplement, Disney n’y bénéficiera plus de sa « priorité », ni des tarifs de la Convention, et…rien ne garantit que les terrains en question resteront disponibles longtemps…!

Reste que sur ce sujet, l’ombre des Walt Disney Studios plane tout de même fortement. Et on peut comprendre la frilosité de TWDC à ne surtout pas reproduire une situation similaire : un parc qui donne la fâcheuse impression d’avoir été construit à la hâte et au rabais, pour ne surtout pas perdre les terrains, et qui plombe au passage économiquement le resort par ses coûts de construction et d’exploitation. Il aura fallu près de 25 ans pour que la page WDS commence progressivement à se tourner, notamment grâce à la mutation en Disney Adventure World, avec reprise en main du resort par TWDC, et avec un investissement de 2 milliards d’euros.

Alors verra-t-il le jour ?

Je pense. Certainement. Un jour. Mais je pense aussi que Disney repoussera la concrétisation de ce troisième parc le plus possible, pour assurer ses arrières. Reculer pour mieux sauter. Je ne serais pas surpris que Disney utilise tous les stratagèmes possibles pour augmenter artificiellement le temps qui lui est alloué, par exemple en annonçant un développement de parc 3 (en 2032 pour les 40 ans du resort ? 2037 pour ses 45 ans ?), histoire de verrouiller les terrains disponibles, et prendre ensuite le temps de le concrétiser plus longuement. Le délai butoir ne concernant pas la date d’ouverture de ce troisième parc, mais bien la date de demande d’intégration à son plan de développement détaillé.

On pourrait se retrouver dans le même cas que pour l’extension des WDS, où les études et concertations publiques avaient quelque peu « obligé » Disney à communiquer sur la zone Frozen, mais aussi sur une autre zone (alors présentée comme Star Wars). Le but étant certainement de mutualiser l’étude pour les 2 zones, donc de ne pas avoir à en financer une seconde seulement quelques années après la première. Manque de chance, entre temps, la zone Star Wars a disparu des prises de paroles de DLP et s’est transformée en une zone Lion King à l’occasion de la D23 Expo 2024.

Donc oui pour un parc 3, sans aucun doute si la destination confirme sa place parmi les locomotives de Disney, et aussi si un concurrent vient titiller Disney sur son secteur. Aujourd’hui, comme pour de nouveaux investissements massifs, TWDC manque sans doute de recul et d’assurance sur le resort parisien et le marché européen. Non pas qu’il ne fonctionne pas bien, mais sur le fait qu’il faut quelques années de recul. Et il y a fort à parier pour que la pandémie de COVID-19 ait décalé et ralenti cette prise de recul. Le point positif, c’est la reprise post COVID qui a été très bonne, avec une fréquentation en nette hausse : les estimations de fréquentation TEA/AECOM donnent, depuis la sortie de la pandémie COVID-19, des chiffres plutôt bons, tournant autour des 16 millions de visiteurs par an pour les deux parcs cumulés. C’est environ 1 million de personnes de plus qu’en 2019. Et cela ne tient évidemment pas compte de l’ouverture de DAW en cette année 2026. Toujours est-il que TWDC a annoncé sur le 1er trimestre fiscal 2026 (T1 FY2026) une hausse de fréquentation de 6% sur ses parcs internationaux (donc hors Etats-Unis), et +4% sur le 2e trimestre fiscal 2026 (T2 FY2026 se terminant au 28 mars 2026). Alors, cela ne concerne pas spécialement (que) DLP, mais DLP participe à ces hausses de fréquentation. Disney ne détaille pas ce chiffre par resort, mais cela semble plutôt positif, en sachant que DAW et ses extensions ont ouvert le 29 mars 2026, donc que son influence n’est pas reflétée par ces chiffres. Cela ne peut donc, au fond, qu’être relativement positif.

Concernant le T3 FY2026, dont les chiffres ont été dévoilés début août 2026, Disney constate une « forte augmentation de la fréquentation à Disneyland Paris après l’ouverture de World of Frozen ». Les premiers résultats post ouverture de DAW semblent donc bien confirmer une dynamique positive pour DLP (bien que les chiffres communiqués ne ciblent pas, encore une fois, uniquement le resort parisien).

De façon strictement mathématique, en matière de fréquentation, passer de 16 millions de visiteurs aujourd’hui, à 22 millions en 2036, demanderait une croissance composée de la fréquentation, de 3,24% par an.

Pour une échéance repoussée à 2040, cela laisse une marge de manoeuvre avec une croissance composée nécessaire de 2,27% sur les 14 années à venir.

Mais la prévision des 22 millions de visiteurs d’ici 2036/2040 ne semble pas hors de portée, à condition de maintenir l’intérêt qui justifiera une hausse de fréquentation. L’ouverture de DAW aura forcément un impact positif sur la fréquentation, mais sera-t-il durable ? DLP va devoir faire en sorte d’entretenir l’effet de nouveauté, tant par de nouvelles attractions, que de nouveaux spectacles, et de nouvelles célébrations (notamment les anniversaires). On se souvient encore tous des célébrations du 30e anniversaire de DLP, qui avait bénéficié non seulement de l’effet de sortie du COVID, mais aussi de l’ouverture d’Avengers Campus, et des spectacles « Dream…and shine brighter! » et « Disney D-Light » qui intégrait des drones pour la première fois dans un parc Disney.

Alors qu’attendre pour l’avenir de Disneyland Paris ?

Pour conclure, je ne crois (malheureusement) pas à de nouveaux investissements conséquents sur de nouvelles expériences à Disneyland Paris dans l’immédiat. Mais plutôt à quelque chose d’encore très progressif.

Et je ne suis pas forcément très optimiste ni ambitieux pour le Parc Disneyland, qui n’a pas vu de nouvelle attraction depuis l’ouverture de Buzz Lightyear Laser Blast (même si dans les faits, DLP présentait Star Wars : Hyperspace Mountain comme une nouvelle expérience). Mais actuellement, je pense que l’offre du PDL est complète, dans le sens où il ne « manque » pas de type d’attraction pour en faire un parc complet où on peut aisément rester 1 journée pleine. Tout ajout serait « du + » pour ce parc. Dans l’immédiat, en ayant en tête le fait que le spectacle nocturne Disney Tales of Magic est tout « neuf », et que la « Disney Stars on Parade » date (déjà) du 25e anniversaire, je trouverais grandement opportun d’avoir une nouvelle parade pour le 35e anniversaire en 2027. Les grosses réhabilitations d’attractions comme Star Wars Hyperspace Mountain sont inévitables, et pourraient pourquoi pas permettre de disposer d’une nouvelle « mission » en 2028.

Des pistes confirmée à la D23 Expo 2026, avec la fermeture de Star Wars Hyperspace Mountain au Parc Disneyland fin 2027 pour une rénovation complète de l’attraction, faisant au passage revenir son thème original « De la Terre à la Lune ». La fermeture annoncée fin 2027 permet tout de même de profiter de l’attraction pour son « grand final » durant les festivités du 35e anniversaire de DLP.

L’annonce de cette réhabilitation ravira sans doute bon nombre de fans, qui souhaitaient de longue date, le retour de la version d’origine de Space Mountain, inspirée de l’œuvre de Jules Verne. C’est désormais officiel !

Les périodes de fermeture correspondant à des réhabilitations majeures s’étalant généralement sur 1 an, on peut sans doute envisager une ouverture de Space Mountain : De la Terre à la Lune, fin 2028, début 2029.

Aussi, outre les détails reçus sur l’attraction Lion King, présentée par Disney comme un des projets majeurs en cours de développement, Disneyland Paris a officialisé (dans son coin) l’arrivée d’une nouvelle parade diurne pour 2028 au Parc Disneyland. Cela correspond tout à fait à la temporalité que nous imaginions ici. A la seule différence près, qu’elle n’arrivera pas POUR le 35e anniversaire du resort, mais juste après.

Le prochain anniversaire s’annonce finalement plutôt comme un marqueur d’une page qui se tourne, plutôt que comme un marqueur d’une nouvelle époque. Ce sera en effet le dernier tour de piste de Star Wars Hyperspace Mountain et de la Disney Stars on Parade. Ce 35e anniversaire marque la fin d’un cycle, d’une époque, le vrai « renouveau » du resort arrive en 2028/2029. Je crains donc qu’il ne faille pas s’attendre à « grand chose » en matière de célébrations du 35e anniversaire de DLP, hormis peut-être un spectacle de jour façon « Dream…and shine brighter », à moins, là aussi, que cet anniversaire soit l’occasion d’accueillir pour une dernière fois le spectacle « A million splashes of colour » (mais j’en doute à titre personnel). Il est donc quasiment certain qu’il ne verra pas l’arrivée de nouveaux spectacles nocturnes dans les deux parcs, ceux en place étant extrêmement récents. La seule « évolution » que j’entrevois, c’est le retour des drones sur « Disney Tales of Magic » au PDL, en fonction de l’avancée de la rénovation des bâtiments de Fantasyland, d’où ils décollaient avant leur suppression au printemps 2026. Et au passage, j’imagine tout à fait un saut technologique, pour utiliser des drones plus petits, plus agiles et avec une meilleure autonomie, comme ceux utilisés à DAW. Si cela se confirme, l’argument marketing serait alors facilement trouvé « vous les aviez aimés, ils reviennent ! », flattant au passage les esprits qui s’étaient indignés de l’arrêt des drones sur un spectacle alors très récent (façon « nous vous avons entendus, on remet les drones pour vous faire plaisir »). En profitant de la fin de la réhabilitation des bâtiments de Fantasyland qui serviraient de zone de décollage des drones, on crée un effet d’annonce pour le simple retour d’un effet, en l’améliorant. On peut ainsi tout à fait penser que la présence des drones dans le spectacle serait renforcée avec plus de tableaux et plus de dynamisme.

Du côté des spectacles de jour, le remplacement du « Roi Lion et les rythmes de la terre », de « Mickey et le Magicien » ou du plus récent « TOGETHER : Une Aventure Musicale Pixar » semble peu probable, mais une surprise peut toujours arriver… Enfin, du côté des attractions, la seule nouveauté de cette célébration serait alors l’attraction Up/Là-Haut « Wilderness Explorers Sky Swings » à DAW.

Du coté de Disney Adventure World justement, les vestiges des Walt Disney Studios seront sans doute amenés à disparaître progressivement. On peut imaginer l’évolution de la Cavalcade des Princesses Disney avec l’ajout de chars et la prolongation du parcours jusqu’à World Première Plaza et la Place des Stars, à l’ouverture de l’attraction « La-Haut » en 2027, quand les emprises des travaux auront été libérées pour les flux de visiteurs.

L’arrivée de l’attraction Lion King (2029 ?) pourrait permettre l’accroissement de la capacité du parc nécessaire à la fermeture définitive de Cars Road Trip au profit d’une nouvelle zone, à horizon 2035.

Du côté du Disney Village, je pense que le plan de refonte de la partie existante va se poursuivre progressivement jusqu’en 2030…? En sachant qu’à ce jour de mi-2026, rien n’a encore été annoncé pour le côté allant du Rainforest Café à la future brasserie italienne Casa Giulia. Pour une extension du Disney Village avec une seconde rue, cela pourrait se faire à l’issue de ces deux premières « phases ».

Quant aux hôtels, je suppose, au vu du cycle de rénovation du parc hôtelier, que le prochain hôtel à être rénové après le Séquoia Lodge, sera le Newport Bay Club. Au vu de la temporalité par rapport à la zone Lion King et de la nécessité de disposer d’un parc hôtelier conséquent à son ouverture pour absorber une croissance de la fréquentation et des séjours, je doute que sa rénovation le ferme complètement, au profit plutôt d’un phasage du bâtiment. Et pour un nouvel hôtel, si DLP peut toutefois compter sur ses hôtels partenaires pour compléter son offre, je pense que sa réalisation sera évidemment conditionnée à la hausse de la fréquentation du resort. Si elle se confirme, pourquoi ne pas envisager une ouverture pour les 45 ans du resort, horizon 2036/2037…?

Ce qui pourrait nous donner quelque chose comme ça pour les 10/15 ans à venir, en matière d’attractions et spectacles :

  • 2026 : ouverture de Disney Adventure World
  • 2027 – 35e ANNIVERSAIRE : attraction Là-Haut (DAW), évolution/prolongation de la Cavalcade des Princesses Disney (DAW) ?
  • 2028 : nouvelle parade diurne (DLP) / rénovation majeure + Space Mountain : De la Terre à la Lune (date estimée) (PDL)
  • 2029 : ouverture Lion King / fermeture Cars Road Trip (DAW) ?
  • 2030 : rénovation majeure Indiana Jones et le Temple du Péril (PDL) ?
  • 2031 : nouveau spectacle/remplacement du Théâtre des Stars (DAW) ?
  • 2032 – 40e ANNIVERSAIRE : nouvelle zone/attraction (PDL) ?
  • 2033 : Prolongation 40e anniversaire ? Nouveau show nocturne (PDL) ?
  • 2034 : Nouveau show nocturne (DAW) ?
  • 2035 : ouverture d’une nouvelle zone (DAW) ?
  • 2036 : ouverture d’un nouvel hôtel ?
  • 2037 – 45e ANNIVERSAIRE
  • 2037/2040 : annonce du 3e parc ?

Donc en matière d’annonces, je crois qu’il ne faut pas s’attendre à grand chose de très conséquent dans l’immédiat. Si cette temporalité se confirme, les prochaines annonces possibles concerneraient donc un hypothétique retour des drones sur Disney Tales of Magic, et l’arrivée d’un nouveau show de jour pour le 35e anniversaire, ainsi que la date d’ouverture de l’attraction « Là-Haut ». Réponse bientôt…

Concernant ces autres « prédictions », une nouvelle zone/attraction au PDL pourrait être annoncée entre 2027 et 2029 (pendant le 35e anniversaire ?). La date d’ouverture de Lion King pourrait être annoncée courant 2028, ainsi qu’une réhabilitation majeure pour « Indiana Jones et le temple du péril » (potentiellement sans changement majeur dans la storyline, les décors et effets utilisés). Il pourrait falloir attendre 2029 pour une annonce du remplacement du Théâtre des Stars à DAW. Les derniers tours de roue de Cars Road Trip pourraient être annoncée en 2028 et une nouvelle zone pour DAW dévoilée en même temps (si des études et concertations préalables sont nécessaires pour le bois des Livrains). Le reste semble un peu trop lointain pour effectuer une quelconque projection « fine ».

DLP va, quoi qu’il en soit, devoir trouver un moyen d’alimenter continuellement son offre pour maintenir un intérêt et faire revenir régulièrement les visiteurs, augmenter la durée des séjours, et ainsi tenir les ambitions de hausse de fréquentation pour hypothétiquement annoncer un parc 3. Aussi, 6 ans d’écart entre l’ouverture de la zone Lion King (2029 ?) et de la suivante à DAW (2035 ?) peut paraître long, mais cela me semble finalement assez usuel pour Disney, dans un contexte de prudence et d’attente de recul avant de lancer un nouveau gros projet.

Mais on l’aura compris, dans une temporalité semblable à celle-ci, l’officialisation du développement d’un parc 3 serait aisément repoussée à 2037/2040, ce qui permettrait au passage d’avoir des ambitions de hausse de fréquentation plus modestes, et donc tenables. On arrive ici avec une nouveauté par parc tous les 2 à 3 ans maximum, ce qui semble relativement correct. Mais tout cela reste une simple projection (sans doute idéaliste bien que pessimiste) de ma part, tout à fait personnelle, issue de l’étude que nous venons de détailler ici.

Publié par Théo

Passionné par la technique du système ferroviaire et celle du matériel roulant, j’ai fait quelques arrêts au cours de mes études, à l’Ingénierie sur IRIS 320, à l’info voyageurs pour TER PACA et à la maintenance tramway chez Keolis. J’ai ensuite trouvé ma voie comme conducteur de trains sur le RER D et TER Hauts de France puis également comme concepteur pédagogique à la Direction de la Traction chez SNCF Voyageurs. Je me suis enfin lancé dans une nouvelle aventure entrepreneuriale indépendante en Design Graphique, Contenus numériques, Conseil & Expertise en technique ferroviaire.

Laisser un commentaire